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Leçons de souveraineté

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Voici la traduction, et plus bas l'original, de l'article paru dans le China Daily, à la suite de la conférence de presse donnée par l'ambassadeur de France en Chine, après la rencontre entre le Président français et le Dalaï lama.

Problèmes de souveraineté

China Daily, le 12/12/2008

L'Ambassadeur de France en Chine, Hervé Ladsous, a dit qu'il était déçu et qu'il ne pouvait pas comprendre l'indignation chinoise au sujet de la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le Dalaï Lama.

Nous avons déjà entendu cela auparavant : ni la France en tant que nation ni son président n'entendent porter préjudice aux liens bilatéraux. La France continuera à être une amie loyale de la Chine. Sarkozy, en tant que président français, avait une obligation de rencontrer le Dalaï Lama.

Tout ces trucs, nous les avons déjà entendus.

La conférence de presse de l'ambassadeur de France se résume à un message central : la Chine a réagi de façon excessive. On aurait pu penser que le chef de la mission diplomatique en Chine serait un peu plus sensible aux sensibilités chinoises. Mais ses paroles ont démontré le contraire.

Si la conférence de presse d'hier avait pour but d'apaiser les tensions, ce fut un échec. Il a passé le plus clair de son temps à reprocher aux Chinois d'avoir créé l'incident. Ses paroles ont tourné autour de ce seul message : la Chine a réagi de façon excessive.

On aurait dit que les choses n'avaient pas été de travers jusqu'à ce que les Chinois fassent des histoires. Sarkozy était innocent et au delà de tout reproche. La Chine était déraisonnable.

Où est la logique ? Devons nous nous excuser ?

La Chine ne sait pas senti offensée parce que le président français avait rencontré un diplomate. Qui s'intéresse à ceux qu'il rencontre, du moment que ce n'est pas le Dalaï Lama. Le Dalaï Lama n'est pas une personnalité religieuse ordinaire, ni un prix Nobel ordinaire. Le Tibet est une affaire interne qui tient de la souveraineté chinoise.

Sarkozy était parfaitement conscient le la gravité de l'affaire dans l'esprit des Chinois. Même s'il ne l'avait pas été, cela lui avait été rappelé de nombreuses fois en temps utile. Il avait aussi été averti des possibles conséquences. Mais il s'est obstiné. Il a sciemment franchi une ligne rouge diplomatique clairement définie et longuement explicitée.

Ils ont dit que ce n'était pas une provocation. Mais le président français, en toute connaissance de cause, a offensé le peuple dont il dit maintenant vouloir être l'ami, sans montrer de repentir.

Il est possible que les Français soient plus décontractés en matière de souveraineté. Après tout, ils n'ont pas eu à supporter les souffrances auxquelles notre pays a été exposé. Mais la souveraineté est aux coeur des préoccupations diplomatiques de la Chine, comme elle est au centre des mentalités chinoises.

Quand on parle de partenariat, les Chinois font beaucoup de cas de la réciprocité et détestent la duplicité.

Pour l'information de l'ambassadeur de France et du président, les Chinois pardonnent, mais pas en matière de souveraineté.

Matters of sovereignty (China Daily)

(China Daily)
Updated: 2008-12-12 07:43

French Ambassador to China Herve Ladsous said he was disappointed, and could not understand Chinese indignation at Nicolas Sarkozy's meeting the Dalai Lama.

We've heard this before: Neither France as a country nor its president intend to derail bilateral ties. On the contrary, France will continue to be loyal to friendship with China. Sarkozy, as the French president, has an obligation to embrace the Dalai Lama.

All this is familiar stuff to us.

The French ambassador's press conference boils down to one central message - China has over-reacted.

Many might have anticipated France's top diplomatic envoy in China to be a little more sensitive to Chinese sensitivities. But his words showed otherwise.

If his press conference yesterday was meant to be conducive to easing the tension, it was a failure. He spent the bulk of the time blaming the Chinese for making the case. His words revolved round that single message - the Chinese should not have over-reacted.

Sounds like things had not gone wrong until the Chinese got fussy. Sarkozy was innocent and beyond reproach. China was being unreasonable.

What is the logic here? Shall we apologize?

The Chinese feel offended not because the French president saw a Nobel Laureate. Who cares whom he is hugging were it not the Dalai Lama? The Dalai Lama is no common religious figure, or an ordinary Nobel Prize winner. The Tibet issue is a domestic affair concerning China's sovereignty.

Sarkozy was fully aware of the gravity of the matter on Chinese minds. Even if he had not been, he was reminded plenty of times in advance. He was briefed on possible consequences. But he went ahead anyway. He trampled on a clearly drawn, and tirelessly expounded, diplomatic redline.

They said it was not provocation. But the French president knowingly offended the people he now says he want to befriend, without showing repentance.

Perhaps the French are more casual about matters of sovereignty. After all, they did not suffer the kind of pains this nation has been through. But sovereignty lies at the core of Chinese diplomatic concerns as well as of the Chinese psyche.

Talking about partnership, the Chinese care about reciprocity, and hate duplicity.

For the French ambassador's and president's information, the Chinese are forgiving, but not on matters of sovereignty.

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