Biographie de l'Amiral Courbet

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Amédée Courbet

" Il se montrait très avare de ce sang français. Ses batailles étaient combinées, travaillées d'avance avec une si rare précision que le résultat, souvent foudroyant, s'obtenait toujours en perdant très peu des nôtres; et ensuite, après l'action qu'il avait durement menée avec son absolutisme sans réplique, il redevenait un autre homme, très doux, s'en allant faire la tournée des ambulances, avec un bon sourire triste. Il voulait voir tous les blessés, même les plus humbles, leur serrer la main, et eux mouraient plus contents, plus réconfortés par sa visite "

Pierre Loti (qui fut son enseigne de vaisseau)

D'après : L'agenda Marine 1997 (Edition Coeur de France 29, rue de Versailles 78150 Le Chesnay)


l'Amiral Courbet

Né à Abbeville le 26 juin 1827, le futur amiral Courbet entra dans la Marine à sa sortie de Polytechnique en 1849, après avoir été secrétaire d'Annand Marrast pendant la Révolution de 1848.

Aspirant sur la Capricieuse, il fit campagne dans les mers de Chine, l'océan Indien et dans le Pacifique. Enseigne de vaisseau en décembre 1852, il fut remarqué par l'amiral Jacquinot et promu lieutenant de vaisseau en novembre 1856.
ll leva le plan de la rade de Biarritz où Napoléon III songeait à créer un grand port. Embarqué en 1858 sur le Suffren puis en 1860 sur le Montebello, il fut instructeur à l'école de canonnage et s'attacha à perfectionner les matériels d'artillerie et les méthodes de tir.

Capitaine de frégate en août 1866, chef d'état-major de la division cuirassée de la Manche, il commanda en 1870 le Talisman aux Antilles et donna la chasse aux navires ennemis. Revenu en France, il fut chargé de rédiger un cours de tactique navale.

Capitaine de vaisseau en août 1873, il commanda en 1874 l'école des torpilles de Boyardville dans l'Ile d'Oléron et se passionna pour cette arme nouvelle. Membre du Conseil des travaux, chef d'état-major de l'escadre de Méditerranée, il fut nommé en juin 1880 gouverneur de la Nouvelle-Calédonie et en septembre contre-amiral.

Son passage à Nouméa fut marqué par une oeuvre administrative importante; il s'efforça de développer l'agriculture en luttant contre la spéculation foncière ; il lutta aussi contre la spéculation minière en obligeant les concessionnaires à exploiter leurs découvertes au lieu de les revendre avec profit.

Commandant, à son retour en France, une division navale d'essais constituée à Cherbourg, il fut nommé en 1883 à la tête de l'escadre des mers de Chine, renforcée à la suite de la mort de Francis Garnier. Il allait, dans ce poste, donner la mesure de son énergie et de son audace. En août 1883, il bloqua Hué et emporta d'assaut la citadelle, obligeant l'empereur d'Annam à la paix (Traité de Hué, août 1883). Commandant en chef interarmées, il battit les Pavillons Noirs et occupa Son-Tay et une partie du delta du Tonkin.

Promu vice-amiral en mars 1884, il dirigea les opérations décidées contre la Chine à la suite de l'affaire de Langson, attaqua les forts de Fou-Tchéou, força les passes de la rivière Min et fit détruire par ses torpilleurs une partie de la flotte chinoise, puis débarqua à Formose et s'empara de Keelung, de Makung et en mai de l'ensemble des îles Pescadores.

Epuisé physiquement, et sans doute aussi moralement, par une campagne dont il n'avait pas tenu à lui qu'elle fut plus intelligemment menée et qu'elle aboutit à de meilleurs résultats, Courbet mourut à bord de son navire-arniral, le Bayard, en rade de Makung, le 11 juin 1885.

Le sabre de l'amiral Courbet fut déposé dans la chapelle "Marine" de la basilique du Sacré-Coeur de Montmartre. Dans son testament, il léguait "ses économies en espèces et ses valeurs mobilières" à la Société de sauvetage en mer en baie de Somme

selon : http://www.defense.gouv.fr/sites/marine/decouverte/materiels/batiments_de_combat/fregates/type_la_fayette/courbet_f_712/amedee_courbet/


La France, avec la participation du Souvenir Français, entretient deux lieux de mémoire de cette épopée à Taiwan.

Le premier est le cimetière de Keelung, ou ont été transférés en 1947 les restes de 6 à 700 marins français, morts tant des combats que des fièvres. Ce cimetière est entretenu par la communauté française de Taiwan, qui s'y rend régulièrement (voir à ce sujet l'ouvrage de Christophe Rouil Formosa: Some Nearly-Forgotten Battles).

Le second est une stèle "à la mémoire de l'amiral et des marins français", qui se trouve à Makung. Cette stèle, en centre ville, est régulièrement entretenue....