Les grandes alliances

  Accueil ] Remonter ] L'organisation de l'OTAN ]

Les grandes alliances, l'exemple de l'OTAN

Le texte de base de ce cours est principalement réalisé grâce au site de l'OTAN, www.nato.int

L'organisation de l'OTAN, pour mémoire, en page ORGANISATION DE L'OTAN

Le Traité de l'Atlantique Nord

Le Traité de l'Atlantique Nord a été signé à Washington le 4 avril 1949, créant une alliance de 12 Etats indépendants résolus à assurer leur défense mutuelle et collective. Quatre Etats européens supplémentaires ont ensuite accédé au Traité, entre 1952 et 1982. Le 12 mars 1999, la République tchèque, la Hongrie et la Pologne ont été accueillies au sein de l'Alliance, qui compte désormais 19 membres.

Le Traité de l'Atlantique Nord continue de garantir la sécurité de ses pays membres. La fin de la Guerre froide et la division de l'Europe ont conduit l'Alliance à se restructurer afin de contribuer plus efficacement à l'élaboration de structures de sécurité coopérative pour l'Europe tout entière. Elle a également transformé ses structures politiques et militaires pour pouvoir s'acquitter de tâches de maintien de la paix et de gestion des crises en coopération avec des pays non membres de l'Alliance ainsi qu'avec d'autres organisations internationales.

L'engagement fondamental de tous les membres de l'Alliance envers leur sécurité mutuelle est inscrit à l'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord, qui stipule qu'une attaque contre un pays membre est considérée comme une attaque contre tous. La structure militaire intégrée et les procédures d'établissement des plans de la défense commune de l'OTAN sous-tendent cet engagement à l'égard de la défense collective.

Pacte de Varsovie

traité d'alliance militaire signé dans le contexte de la guerre froide le 14 mai 1955 entre sept États d'Europe de l'Est, sous l'égide de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Ce pacte était une réplique aux accords de Paris (1954), qui permettaient le réarmement de la République fédérale d'Allemagne  (RFA) par son intégration au sein de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Le pacte de Varsovie, qui a pour nom officiel Traité d'amitié, de coopération et d'assistance mutuelle, regroupait l'Albanie, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie (aujourd'hui République tchèque et Slovaquie), la République démocratique allemande  (RDA), la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, et l'URSS. Le pacte fut démantelé en 1991.

Le commandement intégré

Bien qu'il soit essentiellement à caractère défensif, le pacte de Varsovie était doté d'une double structure, politique et militaire. L'institution suprême du pacte était le Commandement unifié, dont le commandement en chef a toujours été assuré par des maréchaux soviétiques. Le commandant en chef était assisté des ministres de la Défense ou d'autres chefs militaires des États membres. L'organisation des forces militaires de chaque État membre fut calquée sur celle de l'URSS.

Le règlement du Commandement unifié a été adopté par le Comité consultatif politique en 1956 à Prague. Le Comité décida de se réunir au moins deux fois par an. Une commission permanente du Comité, siégeant à Moscou, faisait des recommandations sur la politique internationale afin d'arrêter des positions communes.

Malgré cette organisation multilatérale intégrée, tous les accords bilatéraux «!d'amitié, de coopération, et d'assistance mutuelle!» signés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale entre l'URSS et les démocraties populaires furent reconduits. Ils stipulaient entre autres les conditions de présence des troupes russes sur les territoires de chaque État membre. Sur le plan opérationnel, ses alliés sont rapidement devenus étroitement dépendants de l'URSS, qui fournissait la majeure partie des forces terrestres.

De la coexistence pacifique à la «!souveraineté limitée!»

La cristallisation des blocs en alliances militaires (OTAN et pacte de Varsovie) dans les deux camps a paradoxalement eu lieu dans une période de relatif assouplissement de leurs relations. Du côté du pacte de Varsovie, les initiatives favorisant la «!coexistence pacifique!» furent les suivantes : les ministres des huit pays du pacte décidèrent en 1958 d'adhérer au plan Rapacki, proposé par le ministre des Affaires étrangères polonais en 1957 à l'ONU!; il fut établi une zone dénucléarisée en Europe couvrant les deux Allemagnes, la Pologne et la Tchécoslovaquie!; les ministres proposèrent également la signature d'un accord de non-agression avec l'OTAN. Ces thèmes furent repris lors des réunions du Comité politique de 1960 à 1966!; en 1966, il proposa une conférence européenne sur la sécurité, qui ne reçut pas d'écho favorable de la part des Occidentaux tant que les rapports entre les deux Allemagnes ne furent pas normalisés. Ce rapprochement fut accompli entre 1969 et 1972 par l'Ostpolitik du chancelier allemand Willy Brandt.

Tout en affirmant sa volonté pacifique, le pacte avait aussi pour fonction de maintenir le «!glacis soviétique!». Aux yeux de Leonid Brejnev, «!l'URSS ne peut être indifférente et ne le sera jamais aux destinées de la construction du socialisme dans les autres pays, ainsi qu'à la cause commune du socialisme mondial!». Cette déclaration de 1968 a été interprétée par les Yougoslaves, les Albanais, les Chinois et les Roumains comme définissant une nouvelle orientation dans les relations entre les États socialistes : la «!souveraineté limitée!». L'existence de la communauté socialiste implique que chaque parti communiste, chaque démocratie populaire soit responsable non seulement devant son peuple, mais devant tous les autres pays socialistes. Cela justifiait toute éventuelle intervention, même militaire, nécessaire au rétablissement de la «!cohésion!» de cette communauté. Ce fut le cas en Tchécoslovaquie en août 1968, lorsque les troupes du pacte de Varsovie mirent fin à la tentative de libéralisation politique du «!Printemps de Prague!». La Roumanie, qui avait émis des réserves face à la «!doctrine Brejnev!», s'opposa à l'invasion et n'y participa pas, tout en restant membre du pacte. L'intervention des forces armées de l'URSS en Hongrie à l'automne 1956 avait déjà pour objectif de mettre en échec une tentative de multipartisme qui allait reléguer le Parti communiste hongrois à une position secondaire. Cependant, il ne s'agissait pas alors d'une intervention du pacte de Varsovie en tant que tel, mais de la seule URSS (contre un des membres du pacte).

Le pacte de Varsovie et la détente

Les États du pacte, hormis l'Albanie, participèrent à Helsinki (1973-1975) à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe (CSCE), qui réunit 35 États (33 États européens, dont les États occidentaux, les États-Unis et le Canada). Outre les questions de sécurité en Europe et dans la Méditerranée, l'acte adopté en 1975 réaffirmait la volonté des États signataires de respecter les droits de l'Homme et les libertés fondamentales, encadrait la coopération dans le domaine scientifique et technique, et établissait une coopération dans les domaines humanitaires. Bien que les progrès en matière de libertés aient été décevants dans les années qui suivirent, l'acte d'Helsinki constitua néanmoins une base à laquelle les défenseurs des droits de l'Homme dans les pays de l'Est ne cessèrent de se référer dans leurs revendications. Ainsi des signataires de la «!Charte 77!», en Tchécoslovaquie, et des syndicalistes de «!Solidarité» en Pologne. Les membres du pacte de Varsovie prirent également une part active aux négociations de désarmement nucléaire : SALT II (voir Négociation sur la limitation des armes stratégiques (SALT)) dans les années soixante-dix, puis START (Strategic Arms Reduction Talks) dans les années quatre-vingts, qui ont abouti en décembre 1987 au démantèlement des têtes nucléaires à courte et à moyenne portée en Europe.

Le démantèlement du pacte

La libéralisation politique introduite par Mikhaïl Gorbatchev en URSS à partir de 1985 s'accompagna d'un dégel à l'intérieur des démocraties populaires. En 1990, la Tchécoslovaquie et la Hongrie signèrent avec l'URSS des accords prévoyant le retrait des troupes soviétiques de leurs territoires. Les dirigeants des pays membres se réunirent le 7 juin à Moscou pour transformer l'alliance en un «!accord fondé sur une base démocratique, entre États souverains et de droits égaux!». La RDA, du fait de son unification avec la RFA, fut la première à effectivement quitter le pacte (24 septembre 1990). Par une réunion du 25 février 1991 à Budapest, les ministres des Affaires étrangères des États encore membres ont dissous la structure militaire du pacte!; sa structure politique le fut quant à elle en juillet 1991.

Association des nations du Sud-Est asiatique (ANSEA),

Alliance régionale de six pays indépendants du Sud-Est asiatique. L'Ansea fut fondée à Bangkok en août 1967 par l'Indonésie, la Malaysia, les Philippines, Singapour et la Thaïlande!; Brunei devint membre de l'association après son accession à l'indépendance en 1984. Le secrétariat permanent se trouve à Jakarta, en Indonésie.

Créée pendant la guerre du Viêtnam, l'Ansea marquait un nouveau rapprochement entre la Malaysia et Singapour. Les principaux objectifs de l'association, énoncés dans la Déclaration de Bangkok (1967), étaient de promouvoir le développement économique, social et culturel et la coopération régionale. Un forum fut organisé avec le Japon en 1977, et un accord de coopération fut signé avec la Communauté économique européenne en 1980. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, l'Ansea servit de médiateur dans la guerre civile qui se déroulait au Cambodge. En janvier 1992, les membres de l'Ansea décidèrent de créer une zone de libre-échange et de réduire les tarifs douaniers sur les marchandises non-agricoles!; ces mesures prenaient effet en 1993 pour une période de quinze ans. La réunion de l'Ansea en juillet 1994 insista sur la nécessité de renforcer la cohésion de l'association, de l'ouvrir à de nouveaux membres, et de jouer un rôle plus important dans la sécurité de la région en cette période qui a succédé à la guerre froide.

Le 28 juillet 1995, la République socialiste du Viêtnam a rejoint l'Ansea, devenant ainsi le premier pays communiste membre de l'association, créée à l'origine pour s'opposer à la progression de celui-ci en Asie du Sud-Est. En reconnaissant le potentiel de ce pays comme allié économique et politique, l'Ansea voulait prouver sa volonté de réintégrer le Viêtnam dans l'économie mondiale. L'annonce de cette nouvelle est intervenue quelques semaines après que les États-Unis eurent annoncé la reprise des relations diplomatiques avec le Viêtnam, vingt ans après la fin de la guerre entre les deux pays. L'Ansea compte actuellement dix membres depuis l'arrivée du Cambodge, le Laos, ainsi que la Birmanie.

Les grands chantiers de l'OTAN

La restructuration interne

La restructuration des forces militaires et des dispositions de commandement de l'Alliance a représenté une partie essentielle de son processus de modernisation. Les forces militaires de la plupart des pays de l'OTAN ont été considérablement réduites et réorganisées. De nouveaux concepts ont été introduits pour leur conférer une mobilité et une souplesse accrues et pour faciliter la participation de pays partenaires non membres de l'Alliance à des opérations menées par cette dernière.

La mise au point du concept des "Groupes de forces interarmées multinationales" (GFIM) a constitué l'une des innovations les plus significatives. Ce concept prévoit des structures de forces susceptibles d'être adaptées pour faire face à des besoins différents et permettra à l'Alliance d'assumer plus efficacement à la fois son rôle de défense collective et ses nouvelles missions. Dans le même temps, la réforme de la structure de commandement intégrée a réduit de deux tiers le nombre des quartiers généraux militaires de l'OTAN, qui sont ainsi passés de soixante-cinq environ à une vingtaine.

Les 19 pays membres de l'Alliance Nord Atlantique:

Belgique Canada République tchèque Danemark France Allemagne Grèce Hongrie Islande Italie Luxembourg Pays-Bas Norvège Pologne Portugal Espagne Turquie Royaume-Uni Etats-Unis

Le renforcement du rôle européen

En 1994, l'Alliance s'est engagée à contribuer au développement d'une Identité européenne de sécurité et de défense (IESD) beaucoup plus forte. Pour ce faire, elle travaille avec l'Union de l'Europe occidentale (UEO), qui est une organisation de sécurité européenne. Des mesures qui permettraient à l'Union de l'Europe occidentale d'utiliser, pour des opérations sous sa conduite, des moyens et capacités de l'OTAN ont été prévues. Le concept des "Groupes de forces interarmées multinationales" (GFIM) donne à l'Alliance la souplesse nécessaire à cet effet, par le biais d'arrangements qui permettent aux forces requises d'être "séparables" mais pas "séparées" de manière permanente des forces mises à la disposition de l'OTAN.

Ces arrangements ont pour but d'éviter de créer des structures parallèles ou faisant double emploi en Europe. Elles permettront aux Alliés européens d'assumer davantage de responsabilités dans les affaires de sécurité européenne, en particulier dans des circonstances qui ne nécessitent pas l'intervention de l'ensemble de l'Alliance. A terme, il faut s'attendre à ce que le rôle de l'Union de l'Europe occidentale se fonde de plus en plus dans les structures de l'Union européenne elle-même, ce qui permettra un développement plus complet de l'identité européenne en ce qui concerne les questions liées à la sécurité. A la réunion au sommet tenue à Washington en 1999, les dirigeants alliés ont appelé à poursuivre les efforts pour que l'IESD devienne une réalité.

A sa réunion d'Helsinki tenue en décembre 1999, le Conseil de l'Union européenne a fixé aux Etats membres de l'Union un "grand objectif" relatif à leurs capacités militaires à mener des opérations de gestion des crises. Le but est de permettre à l'Union européenne, d'ici 2003, de déployer et de soutenir pendant au moins un an des forces militaires pouvant atteindre 50 000 à 60 000 personnes, capables d'effectuer l'ensemble des missions dites de Petersberg fixées dans le Traité d'Amsterdam de 1997. Il s'agit de missions humanitaires et de sauvetage, de missions de maintien de la paix et des missions de forces de combat participant à la gestion de crises, y compris le rétablissement de la paix. Ces forces auraient pour rôle de conduire des opérations militaires sous la direction de l'Union européenne, en réponse à des crises internationales, là où l'OTAN en tant que telle ne serait pas engagée militairement. Ce processus fait partie de la détermination de l'Union européenne de développer une politique européenne commune en matière de sécurité et de défense. Chacune de ces initiatives devrait contribuer à rééquilibrer les rôles et responsabilités partagés par les Alliés européens et américains au sein de l'OTAN.

 Les nouveaux partenariats

L'approche coopérative de l'OTAN à l'égard de la sécurité a conduit à la création de relations étroites avec des pays non-OTAN, par le biais du Conseil de partenariat euro-atlantique, de l'initiative du Partenariat pour la paix, du Conseil conjoint permanent OTAN-Russie, de la Commission OTAN-Ukraine, et du Dialogue méditerranéen. Tous ces éléments jouent un rôle essentiel dans l'établissement de liens multilatéraux et bilatéraux qui permettent à tous les pays concernés de satisfaire leurs propres besoins en matière de sécurité tout en contribuant à la sécurité de la zone euro-atlantique dans son ensemble.

 Le Conseil de partenariat euro-atlantique

Le Conseil de partenariat euro-atlantique - ou CPEA - forme un cadre multilatéral et global de coopération entre 46 pays de la région euro-atlantique. C'est l'instance au sein de laquelle Alliés et Partenaires se consultent sur des questions allant de la gestion des crises et du maintien de la paix à la sécurité régionale, la maîtrise des armements, la politique et la stratégie en matière de défense, les plans civils d'urgence, la coopération scientifique et la non-prolifération des armes de destruction massive. En tant que participant actif au programme de Partenariat pour la paix, un pays partenaire peut également procéder à des consultations avec l'OTAN à titre individuel, s'il estime que son intégrité territoriale, son indépendance politique ou sa sécurité sont menacées.

En avril 1999, les dirigeants des pays du CPEA ont tenu une réunion au sommet à la suite du Sommet de l'OTAN de Washington. Ils ont déclaré soutenir les exigences de la communauté internationale relatives au Kosovo et se sont dit profondément révoltés par la politique de violence, de répression et de nettoyage ethnique poursuivie dans la province par les autorités de la République fédérale de Yougoslavie. Ils se sont exprimés en faveur d'une sécurité conçue sur de larges bases et ont marqué leur soutien pour les efforts visant à renforcer l'économie et la démocratie en Europe du Sud-Est; ils ont entériné un rapport intitulé "Vers un partenariat pour le 21e siècle - Le Partenariat renforcé et plus opérationnel", qui a pour objet d'améliorer l'aptitude des forces de l'Alliance et des Partenaires à opérer ensemble à l'avenir.

Pays Membres du de partenariat euro-atlantique
Le CPEA consiste des 19 pays membres de l'OTAN plus:
Albanie, Arménie, Autriche, Azerbaïdjan, Bélarus, Bulgarie, Croatie, Estonie, Finlande, Géorgie, Kazakhstan, République kirghize, Lettonie, Lituanie, Moldova, Roumanie, Russie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, l'ex-République yougoslave de Macédoine, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine, Ouzbékistan

Le Partenariat pour la paix

En 1994, l'OTAN a lancé le Partenariat pour la paix (PPP). Le programme s'est développé régulièrement tant en ce qui concerne le nombre de ses membres que la gamme des domaines de coopération pratique, militaire et liée à la défense auxquels les pays du PPP participent. Le Partenariat vise principalement à accroître la capacité des Alliés et des pays partenaires à collaborer dans le cadre d'opérations conjointes.

Etant axé sur une coopération pratique adaptée aux besoins propres à chaque pays, le Partenariat pour la paix a également été un facteur clé du développement de nouvelles relations de sécurité entre l'Alliance et les pays partenaires. Il incarne l'approche coopérative de l'OTAN à l'égard de la sécurité.

 L'OTAN et la Russie

Les pays de l'Alliance considèrent la Russie comme un intervenant vital, pour le présent et pour l'avenir, dans le domaine de la sécurité européenne. Il lui ont dès lors proposé, en 1996, de développer conjointement des relations de coopération radicalement nouvelles. C'est ainsi qu'ont vu le jour l'Acte fondateur OTAN-Russie, en mai 1997, et un Conseil conjoint permanent (CCP) OTAN-Russie. Ce dernier est le mécanisme qui permet à l'Alliance et à la Russie de procéder à des consultations régulières sur des questions de politique et de sécurité, notamment le maintien de la paix, la sécurité nucléaire, la conversion de l'industrie de la défense, la maîtrise des armements et la protection de l'environnement. Il sert aussi de cadre à la coopération militaire entre l'OTAN et la Russie.

Les pays de l'OTAN estiment que la sécurité en Europe ne peut être pleinement assurée sans la Russie, et qu'ils doivent s'efforcer, avec cette dernière, d'instaurer la confiance et la coopération et de traiter ensemble les problèmes de sécurité qui se poseront à l'avenir. La méfiance mutuelle qui existait entre l'Est et l'Ouest pendant la guerre froide appartient au passé. Il importe d'établir une base durable et constructive pour la coopération future. L'Alliance est donc déterminée à assurer le respect et la compréhension mutuelles, et à établir une base solide pour un authentique partenariat avec la Russie et d'autres pays de la région.

La Russie a suspendu sa coopération avec l'OTAN après le début de la campagne aérienne lancée par l'Alliance en mars 1999 afin de mettre un terme au conflit du Kosovo. Toutefois, lorsque la campagne aérienne s'est terminée, la Russie a convenu de fournir un contingent important à la Force dirigée par l'OTAN au Kosovo (KFOR) et créée sous les auspices des Nations Unies afin d'empêcher la reprise du conflit et de créer les conditions nécessaires à la paix.

Le Secrétaire général de l'OTAN, Lord Robertson, s'est rendu en visite à Moscou en février 2000. Lors de cette visite, il a été convenu que les relations OTAN-Russie seraient rétablies à un niveau permettant de coopérer de façon à faire face aux futurs défis. Il a également été convenu de poursuivre des échanges approfondis sur une vaste gamme de questions de sécurité concernant l'avenir.

Lors de sa réunion du 15 mars, le Conseil conjoint permanent OTAN-Russie a procédé à un échange de vues sur la situation dans l'ex-Yougoslavie et la coopération OTAN-Russie au sein de la présence internationale de sécurité au Kosovo. Les Ambassadeurs ont réaffirmé la détermination de l'OTAN et de la Russie à coopérer étroitement pour assurer la protection des minorités du Kosovo.

 L'OTAN et l'Ukraine

L'Ukraine occupe une place clé dans la géographie politique du continent européen. Une Ukraine stable et sûre est essentielle pour à la stabilité de l'ensemble de la région. Outre les activités de coopération qui sont déjà en cours dans le cadre de la participation de l'Ukraine au Partenariat pour la paix, l'OTAN et l'Ukraine ont établi des relations spéciales fondées sur la position et les aspirations uniques qui sont celles de cette nouvelle démocratie.

En 1997, une "Charte sur un partenariat spécifique entre l'OTAN et l'Ukraine" a été signée, établissant une Commission OTAN-Ukraine. Celle-ci constitue une instance au sein de laquelle les pays de l'OTAN et l'Ukraine peuvent débattre de questions de sécurité d'intérêt commun, ainsi que de la planification et de la mise en oeuvre des activités de coopération.

Les dirigeants des pays de l'OTAN ont tenu leur tout premier sommet avec le Président de l'Ukraine à Washington en avril 1999 et ont reconnu l'importance de l'Ukraine pour garantir la sécurité et la stabilité de la région euro-atlantique. Les deux parties se sont félicitées des progrès accomplis dans le cadre du partenariat spécifique et ont examiné toute une gamme de questions relatives à la sécurité de la région euro-atlantique.

La Commission OTAN-Ukraine s'est réunie pour la première fois à Kiyv en mars 2000, marquant une nouvelle étape du développement de la coopération pratique dans de nombreux domaines dont les plans civils d'urgence et la préparation aux catastrophes, la réforme de la défense de l'Ukraine, les questions scientifiques et technologiques et les aspects économiques de la sécurité.

 Le dialogue sur la Méditerranée

L'OTAN a lancé en 1994 un dialogue avec six pays méditerranéens : l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie. Depuis le mois de mars 2000, l'Algérie participe également à ce dialogue. Celui-ci vise à instaurer de bonnes relations et à favoriser une meilleure compréhension mutuelle dans l'ensemble de la région méditerranéenne, et aussi à y renforcer la sécurité et la stabilité.

Au Sommet de Washington, en avril 1999, les dirigeants des pays de l'Alliance ont décidé de renforcer les dimensions tant politiques que pratiques du dialogue. Ceci devrait notamment permettre d'ouvrir de nouveaux débats et de renforcer la coopération dans les domaines où l'OTAN peut apporter une "valeur ajoutée". Il s'agit en particulier du secteur militaire et d'autres secteurs pour lesquels les pays participant au dialogue ont manifesté un intérêt.

Le Dialogue sur la Méditerranée fait partie intégrante de l'approche coopérative de la sécurité retenue par l'Alliance et repose sur la reconnaissance du fait que la sécurité dans l'ensemble de l'Europe est étroitement liée à la sécurité et à la stabilité de la région méditerranéenne.

 La construction de la paix en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo

En 1995, les parties qui s'opposaient dans la guerre civile en Bosnie ont signé l'Accord de Dayton, qui instaurait un règlement de paix. Des pays membres et non membres de l'OTAN ont immédiatement déployé 60.000 hommes dans la région pour contrôler le respect de cet accord et, au besoin, imposer l'application de son volet militaire, ce qui a évité une reprise du conflit et contribué à créer un environnement sûr pour jeter les bases d'une paix durable.

La Force de mise en oeuvre (IFOR) dirigée par l'OTAN a mené à bien son mandat initial d'un an. Elle a ensuite été remplacée par une Force de stabilisation (SFOR), plus petite, qui assure la stabilité de l'environnement nécessaire à la reconstruction du pays. Le Conseil de l'Atlantique Nord garde constamment à l'examen le mandat de la SFOR, et des réductions sont opérées au niveau de ses effectifs et de sa structure. Simultanément, l'OTAN apporte un soutien à un Programme de coopération en matière de sécurité (SCP), destiné à promouvoir la réconciliation et à accroître la stabilité à long terme.

Tant l'IFOR que la SFOR ont témoigné de l'efficacité de la contribution de l'OTAN au maintien de la paix, et de la réussite du Programme de partenariat pour la paix pour ce qui est de préparer les membres de l'OTAN et les pays partenaires à travailler ensemble, pas seulement en théorie, mais aussi dans des situations réelles, sur le terrain. Depuis juin 1999, tirant parti de cette expérience, la force dirigée par l'OTAN au Kosovo (KFOR) a entrepris de réunir les conditions nécessaires à une société multiethnique et démocratique dans la province.

Les initiatives prises au Sommet de Washington

Du 23 au 25 avril 1999, l'OTAN a tenu à Washington le 15e sommet depuis sa création, il y a cinquante ans. Ce sommet s'est déroulé au cours d'une période exceptionnelle de l'histoire de l'Alliance, qui célébrait son cinquantième anniversaire, dans un contexte tempéré par une campagne aérienne de l'OTAN sans précédent menée en République fédérale de Yougoslavie en vue de rétablir la paix au Kosovo. Bien que, pour une grande part, le sommet ait été nécessairement axé sur la crise du Kosovo, les dirigeants des pays de l'Alliance ont lancé à Washington plusieurs autres initiatives importantes dans des domaines politiques essentiels.

 Le plan d'action pour l'adhésion

En accueillant leurs homologues de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque au premier Sommet auquel leurs pays participaient en qualité de membres de l'OTAN, les dirigeants alliés ont souligné que la porte restait ouverte à d'autres pays. Un Plan d'action pour l'adhésion (MAP) a été annoncé lors du sommet. Il s'agit d'un programme d'activités parmi lesquelles les pays intéressés peuvent choisir sur la base de décisions nationales et de l'autosélection. Le programme couvre cinq domaines : les questions politiques et économiques, les questions militaires et la défense, les questions de ressources, les questions de sécurité et les questions juridiques. L'OTAN souligne que le programme ne doit pas être considéré comme une liste de critères pour l'adhésion, et qu'une participation active dans le cadre du Partenariat pour la paix (PPP) et du Conseil de partenariat euro-atlantique (CPEA) reste essentielle pour les pays intéressés par une éventuelle adhésion future. L'Alliance indique que toute décision en matière d'adhésion serait prise au cas par cas, par consensus.

 Le Concept stratégique de l'Alliance

En 1997, au Sommet de Madrid, les dirigeants des pays de l'OTAN avaient demandé un réexamen du Concept stratégique de l'Alliance (qui, essentiellement, indique les tâches de l'Alliance, trace la voie à suivre et les moyens à adopter pour accomplir celles-ci). A Washington, ils ont approuvé un nouveau concept stratégique reflétant le paysage de sécurité euro-atlantique transformé de la fin du 20e siècle. Le Concept stratégique donne à l'Alliance un outil face aux défis et aux perspectives qu'apportera le 21e siècle dans le domaine de la sécurité, et il la guidera dans son évolution politique et militaire future.

 L'Initiative sur les capacités de défense

L'OTAN a également lancé une importante initiative destinée à améliorer les capacités de défense de l'Alliance dans le but de garantir l'efficacité des futures opérations multinationales dans la gamme complète de ses missions, compte tenu de l'environnement de sécurité actuel et prévisible. Cette initiative met tout particulièrement l'accent sur l'amélioration de l'interopérabilité entre les forces de l'Alliance et, le cas échéant, entre les forces de l'Alliance et celles des Partenaires. En outre, elle est destinée à accroître la mobilité des forces, leur aptitude à mener des opérations prolongées et leur efficacité.

 Les mesures contre la prolifération des armes de destruction massive

Le communiqué du Sommet de Washington présente une autre initiative nouvelle de l'Alliance, concernant les armes de destruction massive (ADM). Le principal but de l'OTAN dans ce domaine consiste à "prévenir la prolifération ou, si elle se produit, à en inverser le cours par des moyens diplomatiques". Soucieuse de relever plus efficacement les défis liés à la prolifération, l'OTAN a mis en place au Secrétariat international du siège de l'Alliance un Centre ADM chargé de coordonner une approche politico-militaire intégrée afin de résoudre les problèmes que pose la prolifération des ADM.

La troisième dimension de l'OTAN

Les rôles fondamentaux de l'OTAN ont toujours été axés sur la coopération en matière de sécurité entre les pays membres de l'Alliance et, ces dernières années, avec les pays partenaires, dans les domaines de la politique et de la défense. Ces rôles ont donc été considérés comme constituant la première et la deuxième "dimensions" de l'Alliance. Toutefois, depuis de nombreuses années, l'OTAN favorise aussi activement la coopération en ce qui concerne les plans civils d'urgence, le secteur scientifique et l'environnement. Ensemble, ces secteurs peuvent être considérés comme la "troisième dimension" de l'Alliance.

 Réagir aux situations d'urgence dans le domaine civil

L'Alliance garde donc toute sa raison d'être et les tâches qui lui sont confiées aujourd'hui sont d'une importance tout aussi primordiale que celles auxquelles elles devaient faire face au moment de sa création, il y a plus de cinquante ans.

Les pays de l'OTAN et les Partenaires ont mis au point des mesures et des activités de coopération leur permettant de partager leurs ressources civiles pour faire face à des situations d'urgence. Se fondant sur les dispositions relatives aux plans civils d'urgence de l'Alliance, le Partenariat pour la paix a ouvert la voie à des activités conjointes en matière de planification et de préparation pour des opérations humanitaires et des opérations de recherche et de sauvetage.

Au début de 1998, sur la base d'une proposition de la Russie, une Unité euro?atlantique de réaction en cas de catastrophe a été créée. Cette unité, implantée à Bruxelles, a déjà contribué à la coordination de l'aide apportée à l'Ukraine après les graves inondations qui se sont produites dans l'ouest du pays en novembre 1998, à la fourniture d'une assistance aux organismes humanitaires dans les Balkans, après l'exode des réfugiés du Kosovo en 1998 et 1999, et à la coordination des demandes d'aide et des réponses des pays du CPEA après le séisme de forte magnitude qui a frappé la Turquie en août 1999.

La coopération dans le domaine scientifique et en matière d'environnement

Le concept de la sécurité en coopération englobe toute une gamme de préoccupations à l'échelle planétaire, qui ignorent les frontières nationales. On peut citer, à cet égard, le maintien d'une base scientifique solide, la préservation de l'environnement physique, la gestion des ressources naturelles et la préservation de la santé. L'OTAN aborde ces questions dans le cadre de programmes qui font reculer les limites de la science d'une manière générale et qui traitent également de problèmes scientifiques et environnementaux spécifiques qui intéressent au même titre les pays de l'OTAN et les pays partenaires.