Le nucléaire militaire

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L'équilibre de la terreur

Toute la guerre froide est axée sur le nucléaire, l'équilibre de la terreur se faisant entre Etats Unis et URSS, les premiers s'adjoignant dans un premier temps des alliés non indépendants (Grande Bretagne et France, mais aussi autres pays "fournisseurs de pilotes" ). De son côté la Chine a toujours fait cavalier seul.

La dissuasion nucléaire peut être critiquée, mais la période de la Guerre froide est restée froide. On voit cependant apparaître, même au sein de l'OTAN, des contestations de certains emplois de l'arme nucléaire : No first use, réduction drastique, abolition. Les membres du P5, au cours de la conférence de révision du TNP en 2000 ont admis le principe, sans contrainte, d'une dénucléarisation totale.

La doctrine de la dissuasion

La dissuasion ne s'exprime pas simplement par la possession d'un certain nombre d'armes. Il existe d'abord un rapport "quantitatif", rapport de capacités de destruction mutuelle, qui peut être totale ou simplement partielle ou très partielle. Après l'égalité "surnuméraire" de l'URSS et des Etats Unis et l'égalité "minimaliste" de la France ou de la Grande Bretagne, celle de la Chine : la seule qui soit à la fois parfaite et totalement absente de justification pratique, sinon de justification idéologique.

Dissuasion du fort au faible

Dissuasion du faible au fort

La définition du seuil minimum, effets désirés, défenses à percer, moyens à consacrer.

Le cas de la France, perturbateur mais aussi cauchemar des planificateurs soviétiques. Pouvoir égalisateur de l'atome, possibilité d'infliger des dommages intolérables.

L'ultime avertissement

Stratégique et tactique

Dissuasion ou combat nucléaire

Le besoin d'être crédible : essais, exercices, gesticulations, postures d'alerte.

Les moyens du nucléaire

Possession de plusieurs moyens est un facteur d'autonomie, alliant la crédibilité des missiles, qui sont les armes les plus dissuasives, la survivabilité et la capacité de frappe en second des sous marins, la qualité de gesticulation des avions.

Les vecteurs

Avions

Souple, rappelable en vol, idéal pour la gesticulation, vulnérable (moins avec les cruise missiles).

Chasseurs/Bombardiers : capables de pénétration rapide, faible allonge (ou nécessité d'un ravitaillement), emport une seule ou deux armes.

Bombardiers lourds : Trop grande vulnérabilité (sauf si stealth, mais dans ce cas trop chers), allonge, endurance en alerte sur zone, capacité d'emport diversifié.

Missiles

Solide, liquide, zone fermée et ramassée, protection de la zone de lancement

ICBM

IRBM

SNLE

Les armes

A, H, N

8 kg de Pu ou 15 kg d'Uranium hautement enrichi pour faire un arme. Masse critique, détonique, dopage. 

Les dates d'entrée dans le club nucléaire

Date

Pays

Type d'arme

16 juillet 1945

Etats-Unis

A

29 août 1949

URSS

A

3 octobre 1952

Grande Bretagne

A

7 novembre 1952

Etats-Unis

H

12 août 1953

URSS

H expérimentale

1 mars 1954

Etats-Unis

H opérationnelle

15 mai 1957

Grande Bretagne

H

13 février 1960

France

A

16 octobre 1960

Chine

A

16 juin 1967

Chine

H

24 août 1968

France

H

16 mai 1974

Inde

A

11 mai 1998

Inde

H

28 mai 1998

Pakistan

A

 

Les frappes anti-cités et les frappes contre les matériels

Courbe du genou, boule de feu au sol, radioactivité résiduelle

Les systèmes de commandement

L'importance du président

La fiabilité des moyens de communication est une absolue nécessité

Les procédures de secours

La course aux armements

Estimation du nombre de têtes produites entre 1945 et 2000

Etats Unis

70.000

URSS

55.000

Grande Bretagne

1.200

France

1.260

Chine

600

Total

128.060

 

La destruction mutuelle assurée

Frappe préemptive

Capacité de frappe en second

Les effets fratricides

MIRV, Stealth, Meilleur CEP, aides à la pénétration

 

Les doctrines nationales

Les menaces d'emploi déjà réalisées

Corée

Taiwan

Egypte 1956

Cuba

Israël

Le club nucléaire

Refus d'élargir le club; la contradiction qui rend impossible l'adhésion au NPT.

Le TNP (juillet 1968) : 5 pays font officiellement partie du club, les autres (170) acceptent d'y renoncer, et de plus laissent l'AIEA vérifier qu'ils tiennent bien parole. Les dirigeants historiques (de Gaulle et Mao) de la France et la Chine ont d'abord refusé d'y accéder, mais leurs successeurs accepteront (France 1991, Chine 1992).

Ukraine et autres états de la CEI ont accepté de ne pas devenir nucléaires alors que des armes étaient stationnées sur leur sol.

Les nouveaux états nucléaires

Israël

Afrique du Sud (a construit 9 bombes, avec aide israélienne et les a détruites)

Inde

Pakistan

Les velléitaires : Japon, Taïwan, Brésil, Argentine (accord des deux pour renoncer et signer en même temps le TNP), Corée du Nord, Algérie, Irak, Iran

Les nouvelles donnes

Diversification des menaces

Apparition des états voyous amène à définir de nouvelles stratégies de dissuasion, disproportionnées.

Le terrorisme nucléaire : utilisation d'une arme détournée, pollution radio-active ou attentats contre des cibles nucléaires civiles ou militaires.

Un anti balistique crédible

Risque de relancer la course aux armements les plus performants, alors que la doctrine de la dissuasion minimum était plus rassurante.

Une dissuasion non nucléaire

Augmentation de la précision permet de frapper les chefs eux même (les guerres asiatiques ou anciennes contre les guerres occidentales de masse modernes), leurs postes de  commandement, des objectifs très protégés à très haute valeur ajoutée. On peut ainsi désormais se passer des armes nucléaires tactiques avec leurs effets collatéraux. Les missiles de croisière ont d'ailleurs d'abord été conçus comme des armes nucléaires.