Puissance militaire

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Une armée n'est pas puissante dans l'absolu. Elle ne l'est que par rapport à ses adversaires potentiels.

Les facteurs qui font sa puissance sont les hommes qui la composent, les armements dont elles dispose, les soutiens opérationnels et le soutien national. La valeur globale d’une armée est au mieux celle du plus faible de ces quatre maillons. L’armée ne se crée pas toute seule, elle n’est que l’expression et la concrétisation de la volonté de défense du pays.

Les hommes

La puissance des armées du monde ancien étaient avant tout liée au volume humain la différence entre les armements des adversaires étant peu notables. Toutefois, dès l’antiquité, le facteur quantitatif est très largement relativisé par le qualitatif. La part de plus en plus grande prise par la technique conduit aujourd’hui à donner une part de plus en plus grande au qualitatif. Une autre évolution a eu lieu en parallèle : alors que les armées antiques comportaient beaucoup plus d’hommes (et de moyens) ayant vocation de combattants que ceux chargés du soutien, la proportion s’est inversée, d’autant plus que les armes étaient plus techniques. Dans une armée de l’air moderne, il y a plusieurs dizaines d’aviateurs pour un seul pilote de combat.

Qualités intrinsèques

Les qualités intrinsèques des militaires, leur niveau au recrutement, varient assez fortement en raison de la conjoncture. Le métier militaire est plus ou moins valorisé socialement selon les époques et « l’air du temps » et la situation économique. Par ailleurs, les  périodes de conflit, qui conduisent à de « l’embauche » forte sont suivies d’autant de démobilisations.

Traditionnellement, les périodes de difficultés économique non liées à des conflits donnent une grande attractivité au métier militaire, supposé très fonctionnarisé. Une période comme la Guerre froide ne semblait pas aussi propice à « l’aventure » que peut l’être une période dominée par l’action extérieure. Les pays traversent aussi des phases de « cocooning », où les vocations se font rares, alors qu’elles se multiplient lors des périodes où l’insécurité est palpable

Aussi longtemps que les besoins de recrutement concernaient presque uniquement des troupes de mêlée, il étaient aussi assez faciles à gérer (ce qui ne veut pas dire simple en cas d’inadéquation entre offre et demande). La chose devient beaucoup plus complexe aujourd’hui, où les besoins en spécialistes divers représentent parfois l’essentiel et que la situation des différentes spécialités sur le marché du travail est disparate.

Tous ces facteurs, et quelques autres, font que la valeur intrinsèque des militaires n'est pas un reflet de la société de leur temps, pouvant être suivant les cas assez éloignée de la moyenne. Dans les pays occidentaux ayant connu, dans le début des années 70, une période lourdement antimilitariste, le recrutement des officiers destinés à atteindre le sommet de la hiérarchie a souffert, ce qui se constate aujourd’hui, au moment où ces officiers arrivent au sommet de la pyramide. A l’inverse, le KGB a recruté à partir du début des années 60 les plus brillants des jeunes soviétiques. Ces effets « de mode », qui provoquent des effets d’accordéon difficilement gérables, ne sont pas l’apanage de la fonction militaire. ILs sont simplement plus lourds à gérer dans les professions où l’on s’installe « à vie ».

Formation et entraînement

La formation et l’entraînement des militaires sont des activités coûteuses et difficiles, où le risque zéro n’existe pas. Elles sont de plus soit à visibilité limitée, soit à visibilité « contre productive » sur le plan politique. Les responsables gouvernementaux les voient donc généralement d’un mauvais œil.

Elles sont pourtant l’un des éléments les plus déterminants de la qualité des forces armées. On considère en France que l'entraînement "normal" d'un militaire de l'armée de Terre ou d'un marin correspond à 100 journées passées par an sur le terrain ou à la mer, 180 heures de vol pour un pilote de chasse. Les chiffres "OTAN" sont du même ordre. Il s'agit d'un ordre de grandeur qui doit être très largement modulé, en particulier en fonction du contenu (les armées de l'air qui font faire des tours de piste et des navigations haute altitude à leurs pilotes sont sous entraînées) et de l'emploi réel des armes de dotation, ce qui correspond à des tirs d'entraînement de munitions souvent fort chères. Le recours au simulateur, avec toutes ses qualités théoriques, peut satisfaire les technocrates, est indispensable dans certains cas (approche de domaines inaccessibles), mais ne remplace jamais la pratique du terrain. Le besoin d'un entraînement réaliste est mis en exergue par les "Red Flag". L'armée de l'air américaine avait constaté, au cours de la guerre du Vietnam, que les pilotes étaient extrêmement vulnérables au cours des dix premières missions. Ils ont donc monté une zone d'exercice particulièrement réaliste, les "Red Flag", qui comprenait même des simulations de tir et un "agressor squadron" composé de pilotes très qualifiés volant sur des avions inhabituels et employant des tactiques soviétiques. Les risques étaient réels, mais le bilan global demeurait positif. Ce type d'entraînement demeure en vigueur et est considéré comme particulièrement efficace.

Un piège classique est celui des "opérations" effectuées à l'extérieur du domaine normal d'emploi. Un militaire détaché pendant quatre mois pour une opération de maintien de la paix où son rôle se limitera à de la simple présence (ou à du maintien de l'ordre) aura été préparé pendant deux mois à cette mission et sera en repos pendant deux mois après son retour. Soient huit mois au moins passés sans s'entraîner au métier de base.

Aptitude morale

La qualité d'une force armée dépend aussi très largement, même en temps de paix, du contexte socio psychologique dans lequel elle évolue. Les sociétés militaires fonctionnent de manière assez particulière, avec des valeurs de rigueur et des traditions qui ne sont pas toujours en phase avec la société civile. Leur insertion dans le monde civil est l'un des points durs, qui se révèle encore davantage dans les pays ne pratiquant pas la conscription et où les réserves ne sont pas partie de la vie du pays.

Le fonctionnement de l'encadrement est aussi un facteur d'importance. Il est parfois lié à un substrat culturel lourd.

Les moyens                  

Les qualités « de base » et les modalités de fonctionnement des armes ont déjà été décrites dans le chapitre traitant des armements. Mais il ne suffit pas d’avoir de armes ; il est aussi nécessaire qu’elles soient adaptées à l’adversaire potentiel et au combat qu’il imposera peut être.

Panoplie complète        

gage d'indépendance et de sécurité.

Concepts adaptés

La plus puissante des armées du monde ne peut être efficace si elle ne dispose pas de concepts adaptés. La Chine, en Corée, disposait d'armes modernes et d'une grande masse de soldats, mais ils se sont cantonnés dans des techniques de combat basées sur l'assaut frontal, totalement inadaptées.

Les soutiens opérationnels

Projection      

les capacités de projections doivent être cohérentes avec les ambitions politiques

Logistique

Permet de durer sur le terrain

Soutien industriel

Indispensable pour pouvoir mener un conflit dans la durée et éviter les pannes de munitions (Kosovo). Aussi gage d'indépendance.

Conditions de vie des combattants

Ne pas arrivé usé au combat.

Le soutien du pays                  

Sentiment de se battre pour une cause juste et de défendre les intérêts des siens (à la rigueur de grandes idées).

Soutien des dirigeants

Vis à vis des autres pays. Diplomatie forte.

Vis à vis du pays, doctrines cohérentes, soutien affiché aux militaires.

Soutien du monde économique

Des moyens

Partage du fardeau

Soutien populaire

Familles soutiennent leurs militaires et sont soutenues par le reste de la population

Fierté collective