Un système globalement corrompu

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Les déboires de Caterpillar en Chine, avertissement pour les investisseurs

AFP 23/01/2013

La mésaventure du géant américain Caterpillar, qui a perdu des centaines de millions de dollars à cause des comptes falsifiés d'une entreprise qu'il a rachetée en Chine, est une mise en garde pour les entreprises étrangères désireuses de s'implanter sur cet alléchant marché.

Le premier constructeur mondial d'engins de chantier a annoncé le 18 janvier une charge exceptionnelle d'environ 580 millions de dollars (430 millions d'euros) pour couvrir la perte de valeur de Siwei Mechanical and Electrical Manufacturing Co., une entreprise pour laquelle il a déboursé en juin dernier au moins 650 millions de dollars (480 millions d'euros).

Cette affaire «apprendra aux entreprises qu'elles doivent vraiment être sur leurs gardes, lorsque même un groupe aussi important que Caterpillar se retrouve dans une situation comme celle-là», a déclaré à l'AFP Ben Cavender, associé du cabinet de consultants CMR à Shanghai.

Ce n'est pas la première fois que des investisseurs font les frais de comptes truqués d'entreprises chinoises.

Les actionnaires de Sino-Forest Corp. ont par exemple perdu des centaines de millions de dollars suite à la publication de faux comptes de résultats de cette société cotée à Toronto et à l'exagération de la taille de ses plantations en Chine

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Les entreprises chinoises exportent leur corruption

03/11/2011 | Claude Lely (Aujourd'hui la Chine).

Un rapport de Transparency International place les compagnies chinoises sur le podium de la corruption mondiale. Et les accuse de faire voyager leur culture du pot-de-vin.

Habituée des podiums en tout genre, la Chine vient de récolter une nouvelle médaille: celle de la corruption.

D'après une étude publiée par Transparency International (TI), les compagnies chinoise sont, derrière leurs concurrentes russes, celles qui sont le plus susceptibles d'accepter ou d'offrir des pots-de-vin. Pékin décroche donc seulement l'argent, mais attire les regards : la nouvelle fait du bruit dans le monde entier. Sauf en Chine, cela va de soi. [...]

Il apparaît aussi que le comportement des entreprises nationales est en adéquation avec les pratiques de leur gouvernement, comme le confirme une étude menée l'année dernière sur la corruption dans l'administration.

Une compagnie minière chinoise a tenté de corrompre la presse

SHANGHAI, 28 août 2010 (Reuters) - L'Observatoire général de la presse chinoise a déclaré que le groupe minier Zijin avait tenté de corrompre des journalistes à la suite d'une importante fuite de déchets toxiques lors de travaux effectués par l'entreprise dans la province du Fujian.
Les journalistes concernés ont refusé les dessous-de-table qui leur étaient offerts par Zijin (2899.HK) (601899.SS), précise l'Administration générale de la presse et des publications. Des journalistes du Quotidien du peuple (organe central du Parti communiste chinois) et de deux publications économiques étaient au nombre de ceux qui se sont vu proposer des pots-de-vin.

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Corruption in a state of flux

By Francesco Sisci 21/04/2010

[...] If you have been to China for more than a short vacation, say more than a month, in the past 15 years, you will have certainly encountered what most Chinese people also experience for a great part of their daily lives - the wall of a legal system that it is at times insurmountable and at others easy to bypass.

[...] In the 1980s, Deng Xiaoping opened the door to reforms by allowing people to strive for themselves and find ways of getting rich. There were no rules, and what was legal or illegal was a thin line that depended on your luck, on who you could call your friends or enemies, and on the general circumstances. The situation was a jungle, chaotic, and rules could change from one day to the next. There was deep-seated corruption. Officials often used their power not as a service to the community or as an opportunity to rise up the hierarchical ladder, but rather they saw it as a currency to invest in projects and exchange for cash. Direct alignment of the interests of officials with those of entrepreneurs gave both something concrete to strive for in the reforms; so then reforms and change went into overdrive.

[...] The overall environment is gray at best. Many officials believe their careers are some kind of business opportunity, while businessmen prowl around looking for the right official to buy off. This was historically the case in China for many centuries after all, when people tried to get rich to buy the favors of an official or support the education of their children so the children could become officials and protect the family business.

[...] Meanwhile, waiting for those massive changes, what to do? Struggle to survive, to improve the situation in small steps, and ignore the law if you can and when you can - as most Chinese do in their everyday lives.

(For this article, the author drew on discussions over a long period with professors Huang Feng, Fei Hanlin, Ding Mei and Xu Guotong.)

Francesco Sisci is the Asia Editor of La Stampa.

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Trial of American puts spotlight on the business of 'state secrets' in China

By Ariana Eunjung Cha Washington Post Foreign Service Thursday, March 4, 2010

BEIJING -- Officially, the trial of American geologist Xue Feng is about state secrets. He's accused of exporting sensitive information abroad for helping his Colorado-based employer buy a database about China's oil industry.

But Xue's attorneys say Chinese authorities pursuing the case have another motivation: commercial competition.

When Xue bought the surveys and maps for use in his company's research reports, the information was openly available. It was only after the fact that Chinese authorities classified it a "state secret."

La Chine a encore énormément de chemin à faire, y compris au plus haut niveau, pour devenir un état de droit et abandonner cette habitude de piétiner ses propres lois. La classifiction a posteriori de n'importe quel document comme "secret d'état" permet de lancer des poursuites contre n'importe quel "gêneur". Intéressante vision de la "concurrence loyale avec des critères chinois"

Le journal des pots-de-vin de Mao et Zhou

Olivier Montalba LE MONDE | 14.08.08 | 13h10

C'est une histoire de pots-de-vin d'ampleur moyenne, mais elle jette une lumière crue sur les liens tissés entre les businessmen chinois et les cadres locaux du Parti communiste. Mao Shijian et Zhou Difan sont deux anciens paysans du petit comté de Lianyuan, dans le centre de la Chine. A la fin de 2004, quand les deux amis s'associent pour monter un business de vente en gros de feux d'artifice, ils font ce que font les dizaines de millions de fourmis capitalistes qui nourrissent la croissance chinoise : ils déjeunent avec leur famille élargie pour rassembler les fonds, puis avec des bureaucrates locaux pour les distribuer. Là où l'affaire devient originale, c'est que pendant huit mois, Mao et Zhou ont noté sur un carnet tout ce qu'ils ont distribué, à qui et comment. Et que, l'histoire ayant mal tourné, ils ont décidé de rendre public ce carnet, publié in extenso dans le magazine Oriental Outlook à l'automne 2007. L'affaire remonte à 2005, mais il y a peu d'indices d'un changement notable dans le domaine : le gouvernement fait parfois un exemple (voir la condamnation du chef du Parti à Shanghaï), mais personne n'est dupe. Le carnet de Mao et Zhou, véritable manuel du "Comment graisser les pattes", fait le compte de ce qu'ils ont versé aux cadres de différents services de l'administration (les ex-paysans, mal à l'aise en ville, ont fait appel à un intermédiaire au gouvernement local). Première entrée le 1er février : "15.000 yuans [1.500 euros] dans cinq enveloppes rouges, une de 5.000, une de 4.000 et trois de 2.000. Au restaurant Ciel bleu, l'enveloppe de 5.000 yuans est donnée au directeur W. d'un bureau du gouvernement local de Lianyuan, et l'enveloppe de 4.000 yuans à X., un cadre de ce bureau. Je ne sais pas à quels cadres sont données les trois enveloppes de 2.000 yuans."

PLUS DE 50.000 EUROS DE POTS-DE-VIN EN HUIT MOIS

Il y a 105 entrées : plusieurs fois par semaine, les candidats businessmen offrent du tofu séché, des briques de thé, des cartouches de cigarettes, des cartons de fruits, des dîners, des séances au sauna et des filles au salon Beauté de légende, des parties de pêche... ou "45 yuans de sauce soja". Le 31 mai, il faut trouver un travail à la fille d'un directeur. La journée (invitation à dîner, enveloppe rouge) coûte 25.000 yuans ! Entre le 20 et le 31 juillet, ils graissent la patte d'un gros fumeur : 2 à 14 cartouches par jour. Lorsque la société des feux d'artifice Xianglian est enfin enregistrée, plus de 50.000 euros ont été investis en huit mois, presque intégralement en pots-de-vin. La ronde des cadeaux aurait pu déboucher, comme souvent, sur une success story à la chinoise. Mais Xianglian se développe, de nouveaux associés entrent dans le capital et se déchirent bientôt. Entre les deux fondateurs et leur intermédiaire, c'est la guerre. On en vient aux mains pour un sac en plastique plein de mandats. Les locaux sont placés sous scellés. Soupçonnant l'intermédiaire d'avoir gardé une partie des pots-de-vin, Mao et Zhou rendent public leur carnet. Le gouvernement provincial se saisit de l'affaire en novembre 2007. Alors qu'à Pékin le Parti vient de lancer une nouvelle campagne anticorruption, la capitale régionale, Changsha, dépêche 20 enquêteurs pour désamorcer ce dossier. Après un mois d'enquête, le carnet est jugé authentique, 36 cadres sont sommés d'écrire une autocritique sous quatre jours. La plupart s'exécutent et restituent une partie des fonds (environ 10 %). En avril, six d'entre eux sont limogés et exclus temporairement du Parti. Mais la commission d'enquête ne retrouve la trace que de 180.000 yuans de pots-de-vin, juste en dessous du seuil qui rend possibles des poursuites judiciaires pour corruption. Il ne fait pas bon être ceux par qui le scandale arrive. "C'est comme si un immense filet était tombé sur nos têtes", a déclaré Zhou au Quotidien de la jeunesse, qui vient de publier une enquête. Les deux compères ont été expulsés des bureaux du gouvernement local. Un cadre leur a dit froidement : "Aujourd'hui, il faut faire des cadeaux si l'on veut arriver à quelque chose."

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China dismissed 29 members from parliament and top advisory body in past 5 years

www.chinaview.cn 2008-02-16 21:35:45

BEIJING, Feb. 16 (Xinhua) -- China expelled 29 members linked to power corruption from its top legislature and political advisory body over the past five years - and in one case a corrupt official was executed after trial.

A total of 22 deputies of the 10th National People's Congress (NPC) and seven members of the 10th National Committee of the Chinese People's Political Consultative Conference (CPPCC) have been stripped of their membership as law makers and political consultants since 2003, for their link to bribes, abuse of power, and sex scandals.

Nearly half, or 14 of the 29 former lawmakers and advisors had taken up ministerial-level posts in the government, including former Shanghai Party head and Politburo member Chen Liangyu, who was involved in a social security fund scandal.

Corruption Eats Away at China's Growth

US News October 11, 2007 11:44 AM ET

China's remarkable economic boom captures all the headlines. But there are termites chewing into the foundation of China's growth?the endemic corruption that is one of the most serious threats to the nation's future economic and political stability. That's the conclusion of the new report "Corruption Threatens China's Future" by Minxin Pei, a China expert at the Carnegie Endowment for International Peace in Washington. He estimates that roughly 10 percent of government spending, contracts, and other transactions goes to kickbacks or bribes or is simply stolen.

The direct costs of corruption? As much as $86 billion a year, the report estimates. It contributes to social unrest?sparking thousands of protests a year?and contributes to environmental and health problems. Still, he finds, "the odds of a corrupt official going to jail are less than 3 percent, making corruption a high-return, low-risk activity."

Corruption poses ?lethal threat? to China

By Richard McGregor in Beijing, Financial Times, October 10 2007 17:13

Corruption costs China as much as 3 per cent of its economic output, or $86bn in 2003, and poses a ?lethal threat? to the country?s economic development, according to a report by the Carnegie Endowment for International Peace.

China punishes eight banks for slack supervision

Poeple's daily online 19/06/2007

The Chinese banking industry regulator said Monday it has punished the branches of eight local banks for failing to prevent two clients from misappropriating loans of 4.46 billion yuan.

The eight banks concerned are the Bank of Beijing, the Beijing branch of Bank of Communications and the Shanghai outlets of China Merchants Bank, Industrial and Commercial Bank of China, China CITIC Bank, Bank of China, China Industrial Bank and Shenzhen Development Bank.

Beginning 2001, China Nuclear Engineering and Construction (Group) Corporation (CNECC) obtained loans of more than 2.06 billion yuan from the Bank of Communications and the Bank of Beijing purportedly to build nuclear power stations. But in fact 87 percent of the money was used to finance its real estate subsidiaries and invest in the securities market, according to the China Banking Regulatory Commission (CBRC).

China Shipping (Group) Company also deceived banks about loans. Starting in 2006, the company was granted 2.7 billion yuan of loans by outlets of the six banks listed above. It used 2.4 billion yuan of the funds to buy shares in the country's booming stock market.

Most high-income earners set to ignore tax deadline

JANE CAI 2/02/2007 South China Morning Post

The first year of the mainland's new taxation system is expected to be a failure, with the overwhelming majority of high-income earners not lodging returns despite the deadline falling today.

Under the revised individual income tax law, which came into effect last year, mainlanders and overseas nationals who have lived on the mainland for more than a year have to lodge personal income tax returns, including the declaration of offshore earnings, if their income is above 120,000 yuan a year.

Despite today's deadline, the State Administration of Taxation said that as of last week only 1.37 million people had filed returns, only 16 to 19 per cent of tax experts' estimates of 6 to 7 million high-income earners.

In total, the mainland had about 75 million registered taxpayers at the end of 2005. The administration has detailed information on only 20 million of those. A barrage of media campaigns both informative and cautionary seem to have been ignored by most of the targeted group of taxpayers

On the mainland, however, "taxpayer" is not a word in common use.

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China to pass first private property law

By Richard McGregor and Andrew Yeh in Beijing 1/03/2007 Financial Times

The Chinese parliament is expected to pass China?s first law to protect property rights after a contentious, year-long debate marked by traditional ideological divisions about the role of the private economy under communist rule.

Les Etats-Unis portent plainte contre la Chine devant l'OMC

(Les Echos) 05/02/07 David Barroux

L'Amérique accuse la Chine de soutenir ses industriels exportateurs par le biais de subventions fiscales déloyales. [...]

L'an dernier déjà, les Etats-Unis s'étaient associés à l'Europe pour ouvrir une procédure à l'encontre d'une Chine accusée d'avoir élevé des barrières protectionnistes pénalisant les importations de pièces détachées automobiles. Cette fois-ci, les Etats-Unis, qui auraient cherché à associer à leur plainte l'Europe et le Japon, ont finalement décidé de franchir seuls le pas. La procédure, qui débutera par une phase de négociations de 60 jours, pourrait ensuite déboucher sur un long processus avant que ne puissent être envisagées les moindres sanctions.[...]

Sur place, la stratégie du dragon suscite une hostilité croissante

LE MONDE | 02.02.07 | 14h10

Fascination d'une partie des élites, exaspération de certaines couches de la population : la politique chinoise en Afrique y suscite des réactions contrastées. Tandis que le "modèle" chinois associant autoritarisme politique et croissance économique séduit certains responsables, qui voient en Pékin un partenaire proche de leurs préoccupations et moins exigeant que les Occidentaux en matière de démocratie, l'offensive chinoise commence à susciter des mécontentements parmi des Africains qui estiment en être les victimes. [...]
La principale communauté (plus de 30 000 Chinois) est implantée au Nigeria ; 10 000 à 20 000 autres Chinois vivent en Afrique du Sud, à l'île Maurice, à Madagascar et en Algérie. On compte plusieurs milliers de Chinois au Cameroun, au Ghana, au Lesotho, au Soudan et au Zimbabwe. [...]
Nouvel enjeu dans le débat social africain, l'offensive chinoise avait, dans un premier temps, suscité des réactions plutôt favorables : l'intrusion de Pékin dans le jeu diplomatique et financier allait libérer les Etats africains de leur lourd tête-à-tête avec les Occidentaux. Elle commence à susciter des critiques focalisées sur le caractère prédateur des interventions et la vanité des discours chinois sur la non-ingérence et sur la critique du colonialisme. "En Afrique, la Chine se pose en hyperpuissance pacifiste ; en réalité, elle agit en puissance impériale"[...]

Quand la Chine dénonce la corruption étrangère

Shanghaï JULIE DESNÉ. Le Figaro 13/01/2007

Face à ce mal endémique, les officiels sont plus prompts à punir les cas impliquant les entreprises étrangères.
 « Quand je suis arrivé l'an dernier pour créer une entreprise à capitaux étrangers dans un parc industriel sans payer de pots-de-vin, tout le monde m'a dit : tu n'y arriveras jamais. » Ce fabricant européen a déjoué les pronostics, mais l'anecdote en dit long sur la banalisation de la corruption dans le monde des affaires en Chine. Et quand les compagnies arrivent à l'éviter, elles sont souvent impuissantes à contrôler la cupidité de leurs employés. [...]
 La police chinoise a ainsi vu les cas de pots-de-vin progresser de 66 %. [...]
 Depuis plusieurs années, Pékin a placé la lutte contre la corruption dans ses premières priorités. Le ministère a notamment créé un groupe de travail, visant à combattre ce fléau et éviter qu'il ne perturbe la bonne marche de l'économie... et surtout qu'il ne continue d'alimenter le mécontentement d'une partie croissante de la population, paysans en tête, qui pâtissent de la cupidité des dirigeants locaux.

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Les pots de vin du détroit de Taïwan

De notre envoyé spécial à Taïpeh JEAN-JACQUES MéVEL., Le Figaro, 15/12/2006

à part une culture commune et un commerce bilatéral fulgurant, l'essentiel continue d'opposer la démocratie taïwanaise à la dictature chinoise. Il faudrait pourtant ajouter un autre trait d'union : des deux côtés du détroit, le détournement d'argent public fait des ravages et le déballage de la corruption devient l'arme de choix dans les règlements de compte politiques.

Sur l'île, l'épouse du chef de l'état taïwanais devait comparaître hier au tribunal pour une affaire de caisse noire - 350 000 eur de fonds publics -, pimentée par l'achat d'un diamant chez Tiffany. [...] Adversaire politique n° 1 du président Chen, le chef du Kuomintang (KMT) frôle lui aussi la démission. Ce qui a personnellement déstabilisé Ma Ying-jeou, c'est la découverte de 8 000 eur de fausses factures dans son budget de représentation.

Sur le continent, ce n'est pas mieux. L'enquête gigogne lancée par l'équipe Hu Jintao contre la " clique de Shanghaï " et le népotisme rouge fait surgir un nouveau scandale par jour. La presse, bien que contrôlée, bruisse de révélations sur les revenus illégaux et le train de vie extravagant des hommes promus jusqu'en 2003 par l'ancien président Jiang Zemin.
[...]
La corruption est-elle une malédiction chinoise ? Les petits cadeaux, les grosses enveloppes et d'autres faveurs sont un fait de civilisation. Ce qu'on appellerait ailleurs le patronage et le clientélisme entrent ici dans l'art des relations sociales. En politique comme en affaires, " celui qui ne respecte pas cette tradition en paie les conséquences, dit Lai I-chung, expert de la Chine au DPP, le parti du président taïwanais. Entre la bienveillance et la corruption, la frontière est plutôt perméable. "

Ce n'est pas une fatalité. Deux cités phares du monde chinois en apportent la preuve. Singapour se place avant la Suède et la Suisse dans le palmarès anticorruption dressé chaque année par les experts de Transparency International. Hong Kong se classe plus haut que l'Allemagne et la France. La jeune démocratie taïwanaise ne s'en tire pas si mal, devant la Grèce et l'Italie. La Chine populaire, elle, se retrouve vers le bas du tableau, entre le Laos et le Maroc.

[...] Entre l'île et le continent, le miroir de la corruption est déformant. Beaucoup de Taïwanais affichent leur défiance pour une classe politique qui défile devant le procureur. Pourtant les institutions jouent leur rôle. " Le système fonctionne puisque personne n'échappe plus à la loi, plaide Hsiao Bi-khim, étoile montante du DPP. Si le président Chen et ses proches ont aujourd'hui des comptes à rendre, c'est parce que la justice est vraiment indépendante. C'est la mesure du progrès accompli par Taïwan depuis dix ans. " Le chaos menace, mais il est démocratique.

Pékin offre l'image inverse. L'obsession de la direction chinoise pour la " stabilité " exclut la transparence et les contre-pouvoirs. Aucun policier, aucun juge, aucun journaliste ne prendrait sur lui d'inquiéter un baron qui n'aurait pas été auparavant condamné en secret par le PC. Le scandale de Shanghaï est un théâtre d'ombres, une lutte pour le pouvoir dont l'essentiel se déroule à huis clos. " Sur le continent, les gardiens du système sont eux-mêmes corrompus ", avance le député Su Chi, stratège du KMT et personnellement partisan de la détente avec Pékin.

[...] Sur l'ampleur du mal, les rares statistiques publiées à Pékin donnent raison à Hu Jintao. Elles sont effarantes. L'an dernier, la commission de discipline interne du parti a travaillé hors circuit judiciaire sur 147 000 dossiers de corruption. Quant à la promesse du président, les chiffres confirment qu'elle sonne creux. Seuls 3 % des membres que le parti a mis en cause ont été poursuivis devant les tribunaux en 2004. Aux yeux de Chinois toujours plus nombreux, le PC n'est plus le parti de la croissance économique. Mais celui des pots-de-vin, jusque dans les prétoires.

Les sommes détournées par les " ripoux " communistes renvoient au rang de larcin les indélicatesses des élus taïwanais. A Shanghaï, épicentre du scandale, l'ex-patron du parti, Chen Lyangyu, doit répondre de 300 millions d'euros disparus des caisses de retraite de la ville. L'une de ses faiblesses était son fils, généreusement doté de 75 millions pour " se lancer dans les affaires ". à Pékin, les limiers du parti n'ont pas précisé ce que Liu Zhihua, gestionnaire d'un budget de 25 à 30 milliards d'euros lié aux J.O., a pu mettre dans sa poche et celle de ses amis.

Un révélateur de la gêne qu'éprouve Hu Jintao face au cancer qui ronge son parti est le silence que les médias chinois observent sur les ennuis de la famille de Chen Shui-bian. Le n° 1 taïwanais est une bête noire, et la propagande de Pékin ne lui passe rien d'habitude. Mais à travers le détroit, l'effet de miroir est sans doute trop dangereux pour le PC : si les Taïwanais ont le droit de demander des comptes à leur président, pourquoi les Chinois n'en réclameraient-ils pas autant ?

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Faut-il punir les Chinois enrichis ?

par Brice Pedroletti (le Monde) 13.12.06

Faut-il pardonner aux plus célèbres entrepreneurs chinois leurs "péchés originels", c'est-à-dire de s'être enrichis par des moyens pas toujours légaux ? [...] nombre de firmes privées "ont longtemps été forcées d'utiliser à leur avantage les failles du système économique et de recourir à des méthodes illégales, telles la corruption, pour obtenir des prêts ou des licences d'activité".

[...]

Suite au scandale de Shanghaï, qui révéla au grand jour en septembre l'ampleur de la collusion entre officiels et hommes d'affaires, les enquêtes pour détournements de fonds se multiplient - ne serait-ce que pour satisfaire une opinion assoiffée de justice sociale. Sacré en 2006 première fortune de Chine par le magazine Forbes, Huang Guangyu, qui à 37 ans "pèse" 2,3 milliards de dollars, est depuis quelques semaines dans le collimateur de la Sécurité publique : le fondateur de Gome, une chaîne magasins discount d'électroménager, aurait bénéficié, avec son frère, d'un prêt de 165 millions de dollars de la Bank of China qui n'aurait jamais été remboursé. Il y a quelques jours, la presse officielle annonçait la condamnation à la prison à vie de Zhou Yiming, le plus jeune des millionnaires chinois selon Forbes : ce Sichuanais de 32 ans est accusé d'avoir obtenu frauduleusement des prêts bancaires. En septembre, un autre virtuose trentenaire de la "nouvelle économie", Zhang Rongkun, (16e fortune du pays), était tombé : il avait financé son expansion grâce aux fonds de pension de Shanghai.

[...]

En toile de fond, il pose la question des dérives inhérentes à un système politique assez peu compatible avec le concept de bonne gouvernance.

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A world without morals

DAVID EIMER , 29/11/06, South China Morning Post

[...] According to the Ministry of Public Security, China is in the grip of an economic crime wave. At a press conference last week, it revealed that there had been 62,000 cases of economic crime so far this year, a rise of 9 per cent on last year. Some of the swindles involved serious amounts of money. One company in Liaoning province raised 3 billion yuan by promising investors a return of between 35 and 60 per cent on a non-existent scheme to breed ants.

Commerce : la Chine se moque des griefs des Européens

Le Figaro, PIERRE AVRIL. 8/11/206

Pékin reproche vivement à Bruxelles de s'aligner sur la politique commerciale agressive des états-Unis.
Comme les états-Unis aux yeux de Téhéran, Pékin vient de désigner son grand Satan en matière commerciale : l'Union européenne. [...]. à l'issue d'une rencontre avec le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson, son homologue chinois, le ministre Bo Xilaï, a vivement critiqué les mesures antidumping visant à taxer les chaussures en cuir chinoises exportées vers le marché unique, une initiative qui provoque un " fort mécontentement " à Pékin, a-t-il martelé.

[...] Enfin, la Chine suspecte les états-Unis de vouloir étendre ses représailles juridiques au domaine de la propriété intellectuelle et de chercher à rallier Bruxelles à son combat. Sur ce point, Mandelson a cherché, hier, à rassurer Bo Xilaï. Il ne l'a manifestement pas convaincu. [...]

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First rules issued on academic fraud after spate of scandals

ZHUANG PINGHUI South China Morning Post 10/11/2006

Beijing has issued the mainland's first legal regulation governing academic fraud and plagiarism after a series of scandals involving top scientists and scholars that rocked the country's academic community.

The Ministry of Science and Technology had issued the regulation yesterday and it would come into effect next year, the China News Service reported. [...]

La Chine au banc des accusés.

Le Figaro 27 octobre 2006

Pour la première fois depuis son adhésion à l'Organisation mondiale du commerce en 2001, la Chine se retrouve au banc des accusés sur le dossier des pièces détachées automobiles.

Le Canada, les états-Unis et l'Union européenne, qui estiment que les droits de douane imposés par Pékin restreignent de manière injustifiée l'accès à son marché des composants automobile, ont en effet obtenu hier la mise en place au sein de l'OMC d'un " groupe spécial " d'experts qui sera chargé de régler ce différend. Cette commission a 6 mois pour rendre ses conclusions. Les parties en cause peuvent ensuite faire appel, ce qui pourrait reporter la décision à début 2008.

Sur un autre dossier, celui de la propriété intellectuelle, la Chine est aussi menacée d'une plainte des états-Unis qui accusent l'empire du Milieu de piratage flagrant.

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Coffers full of off-budget cash

KEVIN HUANG South China Morning Post 3/11/2006

Local governments across the country have raked in revenue over the past decade from off-budget sources, but have spent little of the money on improving public services, according to an economist at one of China's leading universities.

[...]

He said most of the extra income was not directed to public services such as education, health and social insurance, but wasted on areas such as overstaffed governments, and building roads and apartments to attract investment, a key factor in measuring political performance.

Pékin rend des comptes

Le gouvernement tente de remédier à la corruption du secteur bancaire.

Par Nicolas CORI Libération Vendredi 27 octobre 2006

[...]
Corruption. Mais cette financiarisation est aussi source de nouvelles incertitudes. Qui dit bourse dit aussi krachs, scandales... Les foules chinoises qui se précipitaient hier aux guichets des banques répondront-elles encore présentes une fois confrontées à ce côté sombre du rêve capitaliste ? Les banques chinoises sont loin d'être des exemples en matière de bonne gestion, et en devenir actionnaire n'est pas sans risque. De nombreux cas de corruption ont été observés, et les établissements regorgent de créances douteuses, c'est-à-dire d'emprunts contractés par des entreprises qui risquent de ne pas être remboursés.

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Jury still out on whether Beijing will take on entrenched interest groups

WANG XIANGWEI South China Morning Post 23/10/2006

After years of turning a blind eye and inadvertently encouraging the phenomenon to grow, the mainland leadership has finally come to its senses. The powerful interest groups formed by central and local government officials and their relatives are the biggest stumbling blocks for the leadership's efforts to improve social justice and equity.

[...] President Hu is fighting an uphill battle and results are far from clear as the officials who have formed lucrative alliances with businessmen are mostly likely to resist every move.

Official media have long singled out the monolith monopolies of the oil and gas, electricity, banking, railways, aviation and telecommunications industries as the most obvious interest groups.

[...] Some believe Mr Jiang's remarks signal the mainland leadership's intention to crack down on the widespread corruption among people who have blatantly used the influence of their parents to make huge personal gains.

But will leaders do it as many of their children and relatives are key members of that group?

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Chinese tycoon formally arrested

CNN.COM, 21/10/2006BEIJING, China (AP) -- A Chinese real estate tycoon has been formally arrested in a political corruption scandal centering on the misuse of Shanghai's pension funds, state media and his company reported Saturday. [...]
More than a dozen officials and business executives have been detained in the scandal that reportedly involves the diversion of hundreds of millions of dollars (euros) and that has taken on a political dimension.

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Cheating fears in university tests

South China Morning Post 15/10/06
School officials were ordered to be on alert for cheating as 2.8 million students took the intensely competitive university entrance exams. The government is eager to stamp out cheating and assure the public of the fairness of the tests, which can decide a student's future job prospects. Pressure to prove the tests are fair is especially intense amid rising public anger at widespread corruption in other parts of the communist system.
[...]
The Xinhua report did not say what school officials were expected to do to stop cheating. However, during the June round, officials posted police guards and jammed mobile phone signals in test halls. Despite that, about 3,000 students were caught cheating, a sharp increase from the 1,300 caught last year, Xinhua said. Associated Press

"Special interest groups" under fire

TING SHI South China Morning Post Thursday, October 5, 2006

The mainland leadership will adopt measures to guard against and contain the rise of "special interest groups" that, with government departments or officials acting as their agents, seek personal gain at the expense of public interest and social harmony, Xinhua reported yesterday.

The news came amid a recent flurry of high-level corruption scandals culminating in the sacking of powerful Shanghai party boss Chen Liangyu , who is accused of colluding with unscrupulous businessmen to enrich associates and family members.

Fighting official corruption and preventing officials from acting as the agents of special interest groups is expected to be one of the key points in a blueprint to be discussed and approved at an annual session of the Communist Party's central committee members at the weekend, according to Xinhua.
[...]

Xinhua said the government was expected to provide greater social benefits and boost incomes for the disadvantaged. But the formation of "special interest groups" was hampering efforts to promote social equity and gave rise to rampant official corruption, it said.

The groups bribed and colluded with government officials by taking advantage of legal loopholes or through government monopolies in electricity, transportation, telecommunications and energy, Xinhua said.

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Anti-graft drive takes on new urgency as heads roll and Hu feels the heat

WANG XIANGWEI South China Morning Post 2/10/2006

It is easy to be cynical about China's crackdowns on official corruption. The leadership's decision to sack and detain the powerful party boss of Shanghai is no exception.

The overseas media have concluded President Hu Jintao deftly manoeuvred the anti-corruption drive to tame his political opponents and cement his authority ahead of an important Communist Party congress where comprehensive leadership reshuffles are discussed and approved.
But there are also reasons to believe Mr Hu is not merely using the anti-graft drive as a tool to eliminate opposition. Rather, fighting corruption and promoting social harmony and sustainable economic development are expected to form the core of his policy agenda to lead the country forward.
There is no doubt there are heavy political considerations behind Mr Hu's anti-corruption drive. He began the corruption crackdown in summer with the arrests of several senior officials and well-connected businessmen in Beijing, Tianjin , Fujian and Anhui , culminating in the downfall of Chen Liangyu , the Shanghai party chief and a member of the Communist Party's powerful politburo.
It is not hard to see that most of the people implicated in the scandals are closely tied to senior state leaders who are viewed as strong supporters of ex-president Jiang Zemin . Liu Zhihua , a Beijing vice-mayor who was arrested in June for corruption, and Zhou Jinhuo , a top Fujian official in charge of commerce who fled the country in June knowing he was a target in an investigation, were widely known to owe their political rise to Jia Qinglin , a member of the more powerful Politburo Standing Committee.

A separate probe into the corruption involved Li Baojin , the top prosecuting official in Tianjin, who is generally seen as very close to Tianjin party boss Zhang Lichang , also a politburo member.

And the shakedown in Shanghai has dealt a crushing blow to the so-called Shanghai faction led by Mr Jiang and which includes Mr Chen and Huang Ju , another member of the Politburo Standing Committee.

This is a classic example of the mainland's time-honoured political manoeuvring, known as "beating the mountains and shocking the tigers". The message to the "tigers" could not be clearer: retreat or face the peril yourselves.

More importantly, Mr Hu is trying to use the anti-graft campaign to claim the moral high ground and rally popular support for his agenda to promote social harmony and justify the rule of the Communist Party.

For the past 20 years, the mainland's leaders have repeatedly warned the anti-corruption drive is a matter of life or death for the Communist Party. Yet the results of previous campaigns have been discouraging, giving rise to a popular saying that the more anti-corruption campaigns there are, the worse corruption becomes.
As official corruption has become the main source of protest and civil unrest, Mr Hu has taken on the anti-graft campaign with a renewed urgency, not least because of the dramatic political developments in Vietnam, Taiwan and Thailand.

A huge official corruption scandal in Hanoi has led to the toppling of the old guard of Vietnam's ruling Communist Party and an unprecedented direct election among the Communist Party members to bring in a new generation of young and dynamic leadership.

This has given hopes to many within the Chinese Communist Party that party leaders should be directly elected among its nearly 70 million party members rather than appointed by a tiny group of people amid intense back-room political haggling.

Beijing has also been given two other timely reminders from Thailand's military coup and Taiwan's expanding street protests, both of which started because of corruption allegations against their leaders.

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Foreign bribery by emerging export powers "disconcertingly high"

Overseas bribery by companies from the world’s export giants is still common, despite the existence of international anti-bribery laws criminalising this practice, according to the Transparency International 2006 Bribe Payers Index (BPI), the most comprehensive survey of its kind to date.

The BPI looks at the propensity of companies from 30 leading exporting countries to bribe abroad. Companies from the wealthiest countries generally rank in the top half of the Index, but still routinely pay bribes, particularly in developing economies. Companies from emerging export powers India, China and Russia rank among the worst. In the case of China and other emerging export powers, efforts to strengthen domestic anti-corruption activities have failed to extend abroad

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